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Assurance décennale du sous-traitant : obligatoire ou pas ?

Sans contrat avec le client final, le sous-traitant n'est pas débiteur direct de la décennale — mais il reste exposé au recours de l'entreprise principale sur 10 ans. Pourquoi se couvrir. ORIAS 21005133.

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« Je travaille pour l'entreprise générale, pas pour le client — donc la décennale, ce n'est pas mon problème. » Ce raisonnement, très répandu chez les sous-traitants du BTP, est juridiquement à moitié vrai et pratiquement dangereux. Vous n'êtes effectivement pas le débiteur direct de la décennale envers le maître d'ouvrage. Mais vous restez exposé, sur dix ans, au recours de l'entreprise principale. Décryptage.

Article préparé par AGI Conseil & Assurance, courtier ORIAS 21005133. Sources : Code civil (art. 1792, 1792-1), loi du 31 décembre 1975 sur la sous-traitance, Code des assurances (art. L.241-1). Juillet 2026.

En bref — Le sous-traitant n'a pas de contrat direct avec le maître d'ouvrage : au sens strict, il n'est pas le débiteur légal de la garantie décennale envers le client final (l'article 1792 vise le constructeur lié par un contrat de louage d'ouvrage au maître d'ouvrage). Mais il engage sa responsabilité contractuelle envers l'entreprise principale, qui elle doit la décennale au client — et qui peut se retourner contre lui pendant dix ans si ses travaux sont à l'origine du désordre. Résultat : une décennale est contractuellement exigée sur la quasi-totalité des chantiers, et c'est votre seule protection contre un recours qui, sinon, tombe sur votre patrimoine personnel. ORIAS 21005133.

La subtilité juridique : pas de contrat direct, pas de décennale « légale »

La garantie décennale de l'article 1792 pèse sur le constructeur lié au maître d'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage. Or le sous-traitant contracte avec l'entreprise principale, pas avec le maître d'ouvrage. Il échappe donc au régime légal de la décennale dans sa relation avec le client final : celui-ci ne peut pas actionner directement la présomption de responsabilité décennale contre le sous-traitant.

C'est cette réalité qui nourrit le mythe du « sous-traitant non concerné ». Sauf qu'elle ne dit rien de l'essentiel : ce qui se passe entre le sous-traitant et l'entreprise principale.

Là où vous êtes vraiment exposé : le recours de l'entreprise principale

L'entreprise principale, elle, doit la décennale au maître d'ouvrage pour l'intégralité de l'ouvrage, y compris la part réalisée par ses sous-traitants. Si un désordre décennal survient sur vos travaux :

  1. le maître d'ouvrage actionne l'entreprise principale (et/ou l'assurance dommages-ouvrage) ;
  2. l'entreprise principale indemnise, puis exerce un recours contre vous, le sous-traitant à l'origine du dommage ;
  3. ce recours repose sur votre responsabilité contractuelle envers elle et peut s'exercer pendant une durée alignée sur la période décennale.

Sans assurance, ce recours se règle sur vos fonds propres — le coût d'une reprise de gros œuvre dépasse presque toujours ce qu'une entreprise artisanale peut absorber.

Pourquoi la décennale est exigée sur (presque) tous les chantiers

Parce que l'entreprise principale le sait. Pour se protéger de ce recours et rassurer le maître d'ouvrage, elle impose contractuellement à ses sous-traitants de justifier une attestation d'assurance décennale couvrant les activités sous-traitées, souvent avant même l'accès au chantier. Concrètement :

  • pas d'attestation décennale = pas de contrat de sous-traitance, ou chantier refusé ;
  • une activité sous-traitée non déclarée sur votre attestation = vous n'êtes pas couvert pour ce recours précis ;
  • l'attestation est régulièrement redemandée en cours de marché et à chaque nouveau chantier.

La décennale n'est donc pas « facultative parce que vous êtes sous-traitant » : elle est, dans les faits, la condition d'accès au travail et votre bouclier contre le recours.

Le piège classique : l'activité oubliée

Un sous-traitant carreleur qui réalise ponctuellement de l'étanchéité, un plaquiste qui pose de l'isolation, un maçon qui coule une dalle porteuse en renfort : si l'activité en cause n'est pas listée sur l'attestation, l'assureur peut refuser sa garantie. La règle est la même que pour toute décennale : on n'est couvert que pour les activités déclarées, décrites par leur réalité technique et non par le seul intitulé du métier.

Le rôle du courtier

Le sous-traitant a besoin d'un contrat qui colle à ses activités réelles et à la manière dont il travaille (part de sous-traitance, types d'ouvrages, donneurs d'ordre). C'est exactement ce qu'un courtier calibre : chez AGI, nous cartographions vos activités, comparons la décennale de nos 40+ assureurs partenaires, et vérifions que votre attestation sera acceptée par vos donneurs d'ordre sans zone morte. Pour la logique générale, voir comment choisir son assurance décennale ; et si vous coordonnez vous-même des intervenants, la situation du maître d'œuvre. Obtenez votre attestation avec un devis gratuit.

Foire aux questions

Un sous-traitant doit-il avoir une assurance décennale ?

Dans les faits, oui, sur la quasi-totalité des chantiers. Juridiquement, le sous-traitant n'est pas le débiteur direct de la décennale envers le maître d'ouvrage (absence de contrat direct), mais il est exposé au recours de l'entreprise principale sur dix ans. La décennale est donc contractuellement exigée et constitue sa seule protection contre ce recours.

Le sous-traitant est-il soumis à la garantie décennale légale ?

Pas au sens strict envers le maître d'ouvrage : l'article 1792 vise le constructeur lié à ce dernier par un contrat de louage d'ouvrage, ce qui n'est pas le cas du sous-traitant. Sa responsabilité est engagée sur un fondement contractuel envers l'entreprise principale, qui elle doit la décennale au client.

Qui est responsable des malfaçons d'un sous-traitant ?

Envers le maître d'ouvrage, c'est l'entreprise principale qui répond de l'ensemble de l'ouvrage, y compris des travaux sous-traités. Elle exerce ensuite un recours contre le sous-traitant à l'origine du désordre. D'où l'importance, pour le sous-traitant, d'être assuré.

L'entreprise principale peut-elle se retourner contre son sous-traitant ?

Oui. Après avoir indemnisé le maître d'ouvrage, l'entreprise principale peut exercer un recours contre le sous-traitant responsable du dommage, pendant une durée alignée sur la période décennale. Sans assurance décennale, ce recours pèse sur le patrimoine du sous-traitant.


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SL
Sebastien Lagarde
Expert assurance pro - AGI Conseil & Assurance

Expert assurance professionnelle chez AGI Conseil & Assurance (ORIAS 21005133). 20 ans d'experience en assurance et en courtage. Specialise dans l'accompagnement des entrepreneurs d'Ile-de-France : artisans BTP (decennale, RC Pro), chauffeurs VTC/taxi, dirigeants TPE/PME, professions liberales. Place les dossiers risque aggravé pro (apres resiliation, sinistralite, AERAS).

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